AU VIÊT BAC

Jeudi dernier, j’ai accompagné à Thai Nguyen mon ami Condominas, les familiers le surnomment Condo ou Tarzan. L’ethnologue profite d’une mission en Thaïlande pour faire un saut au Vietnam.

thai-nguyen

Il avait visité en 1973 Thâi Nguyen, bourgade envahie d’herbe et de ronces que menaçaient les bombardiers de l’USAF à cause de son combinat sidérurgique. Il retrouve une ville aux bâtiments modernes, bruissante de vie, animée par un commerce intense et toute une région industrielle (combinat sidérurgique, papeterie, usine de machines Diésel), de nombreuses activités culturelles (Ecole supérieure de Médecine et Ecole de Culture et d’Art pour les ethnies minoritaires, Musée du Viêt Bac…).

Nous fûmes chaleureusement accueillis à la Maison municipale de Culture où se déroulait le Festival des ethnies de la province. (Thâi Nguyên fait partie de la province Bac Thâi qui compte 70% de Kinh ou Viêt majoritaires, 16,3% de Tày, les reste de Dao, en particulier les Cao Lan). Le programme présente des numéros relevant d’une vingtaine de minorités habitant aussi d’autres région du pays. Nous avons pu apprécier la danse H’mông du khèn, la danse des chapeaux Thâï, la danse des gongs du Tây Nguyên, le chant quan ho des Viêt, etc., numéros exécutés par les élèves de l’Ecole de Culture et d’Art des ethnies de la province. Condominas a passablement goûté cette représentation artistique. En tant qu’ethnologue, il déplore l’hybridation et la modernisation outrancière des chants et danses, de la musique des montagnards. On pourrait admettre un tel déguisement artistique pour les besoins du tourisme. “Mais, ajoute-t-il, les touristes finiront par découvrir qu’ils auront été bernés. Ce que les vrais touristes exigent, c’est de l’authenique”. Il faut donc que l’Ecole de Culture et d’Art des ethnies forme un solide noyau pour préserver la pureté de l’héritage culturel montagnard. Dans cinq ou six ans, ce sera trop tard.

A voir: agence de vacances au vietnam | voyage Vietnam

Dans l’après-midi, nous avons visité le Musée du Viêt Bac, bâtiment massif et rouge ocre que mon ami avait vu en 1973. Le Musée avait été destiné alors à refléter la vie dans la Région autonome du Viêt Bac, peuplée de 800.000 habitants appartenant à une douzaine d’ethnies et dont faisait partie Thâi Nguyên. La politique des régions autonomes n’étant par efficace pour aider les peuples minoritaires à rattraper le niveau des Viêt majoritaires, elle a été abandonnée au profit d’une fusion nationale allant de pair avec le respect des particularités culturelles. C’est dans ce cadre que le Musée de Thâi Nguyên suit sa nouvelle vocation : au lieu de se limiter aux ethnies de l’ancienne Région autonome du Viêt Bac, il va intégrer sans doute toutes les ethnies du Vietnam.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*