HISTOIRE DE MOUSTIQUE

Le gadget que vient de m’envoyer un ami de France fait la joie de toute la famille. Il s’agit d’un “chasse-moustiques électronique” made in CEE, qui nous assure un sommeil tranquille.

Le prospectus fournit l’explication suivante : “Seules les femelles moustiques “piquent” lorsqu’elles portent leurs œufs. En effet, elles les nourrissent avec les protéines contenues dans le sang. Durant cette période, les femelles fuient naturellement les mâles. Aussi, en imitant l’appel de ces derniers, le chasse-moustiques fait-il fuir les femelles” .
L’efficacité de cet appareil confirme encore une fois par la pratique que seules les femelles moustiques piquent, ce qui rappelle une vieille légende vietnamienne.

Le conte est plutôt sentimental et philosophique et non scientifique. Le voici en bref : Deux époux s’aimaient tendrement. Peu de temps après le mariage, la jeune femme décéda brusquement. Le jour des funérailles, un prêtre taoïste déclara au mari qu’il lui suffisait d’embrasser le cadavre de sa femme trois fois par jour, pour lui transmettre sa propre chaleur. Le mari le fit immédiatement. Mais au bout de trois jours, le cadavre exhala une telle odeur qu’il empestait tout le village. L’homme fut obligé de le transporter sur un radeau, afin de poursuivre l’opération. Un jour, l’embarcation accosta une berge inconnue. Le mari rencontra Bouddha qui lui dit de verser trois gouttes de son sang dans la bouche de sa femme. L’homme s’exécuta sur-le-champ. Bouddha recommanda à la femme, revenue à la vie et pleine de reconnaissance pour son mari : “Trois gouttes de sang, c’est peu de chose. Si un jour vous ne l’aimez plus, vous n’aurez qu’à les lui rendre”.

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Retournant au pays, les époux s’arrêtèrent un jour à une auberge où se trouvait déjà un riche commerçant. Celui-ci, charmé par la beauté de la femme, l’invita secrètement à se rendre dans sa jonque, pour lui offrir des bijoux. Elle ne put résister à la tentation. A peine était-elle à bord que les matelots levèrent l’ancre. Quand le mari s’éveilla, sa femme était déjà très loin. A force de patience, il finit par la retrouver, assise dans la jonque. Il lui cria :
– Saute ! Je ne peux vivre sans toi. Je te rendrai heureuse…
– Rentre, chéri ! je suis ingrate à ton égard. Pardonne-moi, répliqua-t-elle en lui tendant un sac d’or.
Fou de douleur, il prit le sac et le jeta dans le fleuve et lui demanda de lui rendre trois gouttes de sang. Dès qu’elle l’eut fait, la jeune femme tomba raide morte.
Incapable de lui redonner la vie, le marchand finit par jeter son corps à la mer.
Depuis, transformée en moustique, la femme pique les gens afin de récupérer ses trois gouttes de sang.
Tel est le moustique de la légende. Dans l’histoire vietnamienne, le moustique aurait influé indirectement sur la marche de l’ethnie majoritaire Viêt vers le Sud. En effet, les Viêts s’étaient installés dans le delta du Fleuve Rouge, dès le Ier millénaire av. J.-C. Mais ils manquaient de place. Ils ne pouvaient pas poussé vers le Nord (occupé par le tout puissant Empire chinois), ni vers l’Est (ils n’avaient pas la vocation de navigateurs comme les Malais), ni vers l’Ouest montagneux et impaludé (à cause des anophèles). De là, date la marche de la nation vietnamienne jusqu’au delta du Mékong, par des plaines littorales.
Autre problème avec le moustique. Il paraît que l’hématozoaire résiste aujoud’hui aux produits classiques, de sorte que le paludisme, quasiment éradiqué, revient de plus belle à l’offensive.

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