LA LORELEI DE LA PLAGE DE SÂM SON

Au cours de l’été, les Hanoïens et les touristes étrangers affluent à Sâm Son, à 170 kilomètres au sud de la capitale. Non seulement parce que cette plage répond à merveille à la norme des 3 S (Sun-Sea-Sand), mais encore parce qu’elle offre des sites pittoresques et des vestiges historiques. En particulier, les jeunes couples et les amoureux de tout âge veulent y effectuer un pèlerinage sentimental aux rochers “Coq et Poule” (Trông Mai).

Sam-Son

A ce sujet, permettez-moi de citer le témoignage d’une jeune Chinoise, Hà Tiêu Mai, de 18 ans, venue en touriste du Canada où ses parents ont émigré en 1980, ces derniers avaient jusqu’alors habité la province de Thanh Hoa dont fait partie Sâm Son : “Je suis née dans le nord glacial du Canada. J’ai toujours voulu faire connaissance avec le Vietnam des tropiques, patrie d’adoption de mes parents. Et m’y voilà. A mon départ, ils m’ont recommandé de visiter les Trông Mai, lieu où il y vingt-cinq ans, mon père a fait sa déclaration enflammée à ma mère” .
Le Trông Mâi présente un site insolite sur la plage de Sâm Son avec deux énormes rochers posés l’un sur l’autre, évoquant un coq et une poule accouplés. C’est pour cette raison que la population a donné aux rochers les noms de “Coq et Poule” ou “Mâle et Femelle”.
Toutes proportions gardées, le Trông Mâi perpétué par la mémoire locale fait penser à la Lorelei allemande de réputation internationale. Les dèüx sites symbolisent l’amour et la mort qu’éternisent la nature, le folklore et la littérature romantique. On sait que la Lorelei est le nom d’une falaise qui domine le Rhin allemand et renvoie un écho aux appels des bateaux qui passent à sa hauteur. Selon une légende, une sirène attirait par ses chants les bateliers amoureux qui s’écrasaient sur les rochers. L’histoire a été popularisée par les romantiques allemands Brentano et surtout Heine dans son Buch der Lieder.

Mais contrairement à la Lorelei qui est un esprit maléfique, l’héroïne de la légende Trông Mâi est une fée belle et douce. Selon une histoire locale, elle a été exilée du Royaume du Ciel par l’Empereur de Jade pour avoir cassé une coupe en pierre précieuse. Dans le village de pêcheurs Sâm Son, elle a connu l’amour chez les mortels, violant ainsi la loi céleste. Le terme de l’exil ayant expiré, elle a refusé de regagner le ciel. L’empereur courroucé, envoya contre elle le Génie de la Foudre. Pour échapper au châtiment et éterniser leur amour, la fée a choisi de se transformer en pierre avec son amant, dans la position de l’enlacement éternel.

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Telle serait l’origine du Trông Mâi dont les rochers seraient âgés de trois millions d’années selon les archéologues. Des habitants de la région prétendent que le rocher supérieur peut encore, dans certaines conditions atmosphériques, frémir et vibrer.
En tout cas, le thème de l’amour et de la mort a tenté la plume d’un romancier romantique, Khai Hung, dont l’œuvre intitulée Trông Mai a fait rêver les jeunes Hanoïennes des années 30 du XXe siècle. Dans le récit, une fille romanesque de la capitale passe ses vacances d’été à Sâm Son. Elle fait la connaissance d’un jeune pêcheur pauvre dont le corps de Tarzan et les manières frustes la séduisent. Feu de paille vite éteint lorsqu’elle le revoit à Hanoï, ridiculement accoutré d’un costume traditionnel. Lui ne se guérit pas du coup de foudre et meurt du mal d’amour.
La fiction moderne, devenue célèbre, donne une nouvelle consécration au mythe de Trông Mâi.

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