DE SAIGON À HO CHI MINH-VILLE

Beaucoup de mes amis étrangers préfèrent Hanoï à Saigon (Hô Chi Minh- ville). Ils trouvent cette dernière trop moderne, un second Bangkok. Son cosmopolitisme leur plaît moins que l’épaisseur historique et la sérénité de l’ancienne cité du Dragon Thang Long (Hanoï) dont la fondation remonte au XIe siècle.

Saigon-Cho-Lon-quartier-chinois

Certes, Saigon ne peut tirer gloire de son histoire plutôt récente. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit une ville quelconque, sans personnalité, sans culture. Foyer d’une vaste région d’acculturation (cultures khmèrc, chinoise, Viêt), centre de pénétration de l’Occident, site de nombreuses guerres, port de commerce international, capitale politique, économique el culturelle du Sud fertile et prospère, Saigon cristallise des traditions propres, ainsi qu’une humanité originale échappant au touriste qui se laisse entraîner par son maelstrôm.
En 939, le peuple vietnamien avait réussi à mettre un terme à la domination chinoise longue de 1.000 ans. Il fixa la capitale à Thang Long (Hanoï) en 1010. Pour joindre le delta du Fleuve Rouge, berceau de la nation, au delta du Mékong, il lui a fallu entreprendre une marche vers le Sud de six cents ans.

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Il est intéressant, à l’occasion du troisième centenaire de Saigon, de suivre ses mutations à travers les impressions de touristes étrangers. En voici quelques-unes :
1. En 1861, deux ans après la conquête française
“Le voyageur qui arrive à Saigon aperçoit sur la rive droite du fleuve une sorte de rue dont les cités sont séparées par de grands espaces. Les maisons en bois pour la plupart sont recouvertes de feuilles de palmiers nains, d’autres en plus petit nombre, sont en pierre… Ensuite, c’est le toit recourbé d’une pagode, les nappes, écourtées par la perspective, de l’arroyo chinois et de deux petits canaux… ; un hangar hors d’aplomb qui sert de marché… Au second plan, des groupes de palmiers arec s’harmonisent au ciel de l’Inde… Des milliers de barques se pressent contre la rive du fleuve et forment une ville flottante.
(Léopold Pallu – 1861)
2 Au début du XXe siècle
– “Ah ! Quelle jolie ville, Saigon ! On l’aime, on ne sait pourquoi, peut- être pour son espace, peut-être pour sa somnolence ou bien à cause de sa marée de verdure où les maisons blanches et carrées ressemblent à de petits temples grecs enfouis…”
(Myriam Harry, écrivain colonial)
“Saigon a été proclamée la Perle de l’Extrême-Orient, et tous ceux qui ont eu la bonne fortune de l’habiter ou de la visiter… s’accordent à reconnaître qu’elle mérite cette gracieuse désignation.
… Et d’abord, à tout Seigneur, tout honneur. De même que Marseille a sa Canebière, qui fait d’elle un grand Paris, de même Saigon possède sa rue Catinat, dont elle se montre justement fière. Elle est, en effet, unique en son genre”.
(Georges Durwell, Ma chère Cochinchine – 1910)
3. Hô Chi Minh City à la fin du siècle
It is likely that Saigon, like Shanghai, got its nickname “Paris of the Orient” because of its atmosphère, not its environment. Site of a million dramas, large and small, Hô Chi Minh City is a fast-moving, energetic place, a magnet for the ambitions: It has ail the political intrigue, excitement, and romance of Southern cities worldwide-broad boulevards, wariri weather, and palm trees. It has a “worldly” population, ail the latest fashionable entertainement. Its politics are incompréhensible but they make a good read; and for every five Vietnamese, Northerners who look down sheir noses at the city’s population, form will move to Saigon anyway. It is full of showy millionnaires, socialist cadres, beggars, philanthropists, artists, and actresses. Every other person you meet will tell y ou, “I am going to start a business”.
(Edith Shillue, Earth and Water,
Univernity of Massachusetts, Press, 1997)

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